La révolution des puces en Chine : Comment Huawei défie les sanctions américaines ?

En 2023, la Chine a marqué un tournant décisif dans sa bataille technologique qui l’oppose aux États-Unis, notamment dans le secteur stratégique des semi-conducteurs.

Central dans ce conflit, Huawei, géant technologique chinois, a surmonté les sanctions commerciales américaines, déclenchant une remarquable résurgence dans le secteur des smartphones avec des processeurs fabriqués localement.

Débuts turbulents

Cette lutte a commencé avec la décision du président américain Donald Trump en mai 2019 de placer Huawei sur la liste noire du Département du Commerce, invoquant des inquiétudes liées à la surveillance et des liens présumés avec la sécurité d’État chinoise. Cette mesure a entraîné la perte du support d’Android pour Huawei, poussant la société à développer son propre système d’exploitation, HarmonyOS.

La situation s’est intensifiée en 2020 lorsque les États-Unis ont restreint l’accès de Huawei aux équipements et logiciels américains, impactant ses relations avec des fournisseurs clés comme TSMC. Huawei, privé de ses fournisseurs habituels, s’est alors tourné vers des fabricants locaux tels que SMIC et le Shanghai IC R&D Center. Bien que ces partenariats aient représenté une baisse qualitative, ils ont marqué les premiers pas vers une autonomie accrue.

Innovations et percées technologiques

La détermination de la Chine à renforcer son industrie des semi-conducteurs s’est concrétisée lorsque SMIC a réalisé une avancée majeure avec la production de puces de 7 nm en août 2022, une progression rapide par rapport à la technologie de 14 nm. Cette réussite, atteinte sans recourir aux équipements de lithographie les plus avancés, témoigne de l’innovation et de la résilience de l’industrie chinoise des semi-conducteurs.

Huawei a également joué un rôle clé dans cette évolution. La société a développé le processeur HiSilicon Kirin 9000S de 7 nm, fabriqué par SMIC, dont les performances sont comparables au Snapdragon 888 de Qualcomm de fin 2020, bien qu’il soit légèrement en retard sur les leaders du marché.

Impact et implications globales

En dépit des obstacles, Huawei a lancé ses smartphones Mate 60 et Mate 60 Pro en septembre de cette année, dans une démarche inhabituelle sans annonce préalable, coïncidant avec la visite en Chine de la secrétaire au Commerce des États-Unis, Gina Raimondo. Peu après, la Chine a annoncé un fonds de 40 milliards de dollars pour stimuler davantage son industrie des semi-conducteurs.

En 2023, bien que 10 900 entreprises liées aux puces aient fermé leurs portes, 65 700 nouvelles entreprises se sont inscrites dans ce secteur, indiquant une croissance et une dépendance accrues à l’égard de la chaîne d’approvisionnement locale. Cependant, la véritable portée de cette expansion dépasse les frontières chinoises.

Des liens complexes

Des entreprises occidentales comme NVIDIA cherchent cependant à maintenir des liens commerciaux avec la Chine tout en respectant les règles d’exportation américaines. Alors que la guerre technologique entre les États-Unis et la Chine s’étend à d’autres domaines, tels que les véhicules électriques, où les États-Unis envisagent de réduire les crédits d’impôt pour les véhicules contenant des composants chinois.

La trajectoire de la Chine dans le domaine des semi-conducteurs en 2023 a démontre sa résilience, son autonomie ainsi que son adaptabilité face aux sanctions et restrictions.

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